Groupe curtus, n. gr.
Oreilles grandes (40-45% de la longueur de Favant-bras), plus longues que larges, à bord externe concave sans pli interne à la base. Sac frontal présent chez le mâle, parfois absent chez la
femelle (type de curtus). Feuille nasale de taille variable, mais présentant une cloison internariale élargie, claviforme; 1 ou 2 petites folioles secondaires. IV e métacarpe plus long que les III e et V e. Indice de largeur 19-22, indice digital 1,15-1,17. P2 petite, située au bord externe de la rangée dentaire, séparant C de P 4.
Les groupes africains du genre Hipposideros peuvent se distinguer comme suit:
une bande frontale Syndesmotis megalotis 1
1. Oreilles unies par
Oreilles non unies par une bande frontale 2
1 Heuglin a décrit cette espèce en 1861 sous le nom de Phyllorrhina (— Hipposideros) (Nova Acta Acad. Caes. Leop. -Carol., Halle, 29/8: 4,8). Peters (Monatsber. K. Preuss. Akad. Wiss., Berlin: 379, 1871) propose le sous-genre Syndesmotis pour cette espèce, sous-genre qui n'est pas retenu par Dobson {Cat. Chirop. coll. Brit. Mus.: 151, 1878), ni par les auteurs
2. Sac frontal s'ouvrant longitudinalement 3
Sac frontal absent, ou si présent s'ouvrant transversale- ment 4
3. 3 folioles secondaires sur les côtés du museau groupe commersoni
2 folioles secondaires. Feuille nasale présentant 2 tuber- cules claviformes au milieu de la selle et du processus postérieur groupe cyclops
4. 3 folioles secondaires groupe speoris
2 ou 1 folioles secondaires E
5. Fer à cheval présentant une cloison internariale élargie. Oreilles très grandes (40-50% de la longueur de Favant-bras) 6
Fer à cheval à cloison internariale étroite et basse. Oreilles moyennes représentant le 25-35% de la lon- gueur de Favant-bras groupe caffer
6. Processus postérieur de la feuille nasale très allongé. Cloison internariale plus large que longue groupe 1 jonesi
Processus postérieur normal. Cloison internariale plus longue que large groupe curtus
Groupe commersoni . 1 espèce: commersoni (incl. gigas).
Groupe cyclops . 1 espèce: cyclops .
Groupe speoris . 1 espèce: abae .
Groupe caffer . 5 ou 6 espèces: caffer, beatus, nanus, braima. fuliginosus, ruber (?).
Groupe jonesi . 1 espèce: jonesi .
Groupe curtus . 2 espèces: curtus, marisae .
récents (Allen, 1939; Tate, 1941). La feuille nasale de megalotis passe généralement pour inconnue; elle a pourtant été décrite et figurée par Senna (1905) qui a examiné 2 mâles obtenus à Kéren. A mon avis, cette espèce est assez distincte pour être le type d'un genre particulier.
1 C'est un lapsu calami qui m'a fait dire (Aellen, 1952, que Hayman p. 69) avait rattaché sa nouvelle espèce au groupe bicolor . En réalité, Hay man écrit (1947, p. 73): «Although in size and form of ears and in mastoid breath exceeding zygomatic breadth it approaches the bicolor group, in other respects, such as the well-developed single lateral leaflet and absence of frontal sac it differs widely from that and the other groups. »
La tendance évolutive du genre Hipposideros a été déterminée de différentes façons. Tate (1941) se base sur des caractères crâniens en particulier:
a) simplifications progressive des incisives supérieures;
b)
réduction de P 2 qui est exclu peu à peu de la rangée dentaire (réduction parallèle de P 2) qui a pour conséquence le raccourcissement de la rangée dentaire par rapport à la largeur maxillaire, mesurée entre M 3 - M 3;
c) augmentation du nombre des folioles secondaires;
d) élargissement de la région rostrale (renflement nasal).
Revilliod (1916) a étudié le membre antérieur des Microchiroptères au point de vue de l'adaptation au vol, qui constitue un bon critère du degré d'évolution. Pour Hipposideros, la forme la plus primitive possède un indice de largeur de 25,4 ( speoris) et la forme la plus évoluée 39,4 (cervina) (cf. p. 164 et 177).
Le groupe curtus semble plus primitif que le groupe caffer et pour l'adaptation au vol moins évolué que le groupe bicolor . A ce dernier point de vue, il se placerait à la base du phylum des Hipposideridae: Coelops (Syndesmotis) Hipposideros Asellia Triaenops, au commencement du genre Hipposideros .
On admet généralement que les Rhinolophidae et Hipposideridae ont une origine asiatique; ce serait en particulier le cas pour le genre Hipposideros dont le 20% seulement des formes connues (130 actuellement) habite l'Afrique, alors que les autres demeurent en Asie et Oceanie. Il reste cependant encore à trouver les souches orientales des espèces africaines, au moins pour le groupe curtus . Il faut admettre, dans l'état actuel de nos connaissances, que les espèces du groupe curtus . et en particulier marisae, ont moins évolué, pour certains caractères, dans leur région d'adoption que leurs cousins restés au pays de leurs ancêtres. Il est vrai que des phénomènes de convergence ou d'évolution régressive peuvent intervenir et brouiller les pistes.
Biologie. Le type de H. marisae a été capturé dans le système de fissures du rocher de la Panthère Blanche, situé derrière l'hypnoserie de Duékoué. Je l'ai trouvé en compagnie d'une petits colonie di' Hipposideros caffer guineensis. Toutes ces Chauve-souris étaient très éveillées. Malgré deux visites, je n'ai pas pu me pro- curer d'autres exemplaires d'//. marisae . La qualité du vol est bien conforme aux très faibles indices alaires. C'est un vol papillonnant très semblable à celui des Rhinolophes.